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dimanche 04 février

fict : Deux ans plus tard

A l'aéroport de Los Angeles, j'ai réservé une Ford Taurus, middle class avec gps, parce qu'on ne sait jamais, les fway à six voies et les échangeurs inhumains.
Au comptoir Hertz, Jeff aux cheveux gominés et à la chemise maculée de sueur, malgré le ronflement de la clim et malgré les 68 malheureux fahrenheit, propose la convertible pour 23$ de plus. La convertible, c'est la Ford Mustang décapotable rouge.
Mais Jeff peut se demener en tous sens, ce qui n'augure rien de bon pour sa chemise, il n'y a plus de convertible avec gps. Do I really want the navigation system ? Los Angeles, c'est un maillage d'autoroutes bétons, North ou South, 405 ou 105, des rues tracées au cordeau. Rien d'insurmontable. Et la Mustang rouge c'est pas rien. Surtout pour 23$ par jour.
Mais ça Jeff, c'est le résumé de tout ce qui précède, de toutes ces histoires, ce qui est cool ou ce qui est pratique ?

En démarrant la Ford Taurus bordeau triste, en entrant le 777 Convention Way dans le Navigation System Hertz Neverlost à 28,99$ par jour, je n'avais d'yeux que pour la Ford Mustang rouge rutilant, garée pile en face.

Un jour, Jeff, il faudra bien se résoudre à jouer de l'excitant ronronnement d'une Mustang rouge décapotée. Alors, Babe, la prochaine fois, tu t'occuperas de la carte, et moi du ronronnement.

C'était en rapport avec fict , aux alentours de 02:58 AM -

samedi 25 juin

fame : 2, 3 choses que je sais

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Elle a des canines de vampire & des oreilles adorables. Elle est italienne & vit à New York.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 02:21 AM -

mardi 21 juin

fame : facon postlogue

En résumé, sans s'apesantir, en vrac.
On a fini avec Giulia sur la plage cabourgeoise, on parlait de voiliers, elle sur la Mediterrannée - elle qui trouvait la mer face à Cabourg emmerdante et triste, j'ai dit romantique - moi sur l'Atlantique, elle aime ça, d'accord pour partir, la Sardaigne, parlé de l'Irlande, on s'est mis d'accord sur Valparaiso. A la fin elle veut des enfants et une vie de famille, avec son mec, aventurier parfois français, j'ai pas insisté, on a parlé de sa soeur, qu'elle aimerait tant faire sortir de Milan, brune aux yeux bleus (façon Giulia), j'ai dit c'est intéressant. Milan la haute couture et les bagnoles racées, ca me va aussi, les italiennes et leur accent aussi, à voir, Giulia.
(...)
C'est une histoire qui se termine bien, avec fin sur les sièges en cuir d'une Thunderbird rouge de 1955.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 05:57 AM -

mercredi 01 juin

fame : Anniversaire

Tina (27 à l'encre noir sur son passeport, 28-32 au bleu de son jean, photo à l'appui, jambes longues sous taille fine, peau délicieusement blanche, le souvenir du visage s'estompe doucement, restent les impressions quadri), à demeure quelque part entre Bergen et Kirkenes, sur un ferry noir et rouge, à l'ancienne façon liner ; j'aurais tant aimé voir les photos de la maison de Trondheim, la vie d'une Norvégienne ; passer une nouvelle fois le cercle polaire et s'enfermer dans les fonds, troisième hublot tribord, traverser une nuit artique dans des bras à la peau délicieusement blanche.
Le système automatisé d'un serveur situé dans une grande salle en banlieue parisienne m'informe que le domaine 'ouahad.com' arrive à expiration dans 7 jours, je ne sais plus - très exactement, avec précision - ce que veut dire tout ça, ce ouahad.com et ce qu'il abrite. L'email conseille de renouveller, un an encore, il y a un an Tina esquivait un dernier verre sur le pont N°7 du ferry au soleil de minuit, à regarder le soleil rebondir sur l'horizon et les chalutiers russes à la rouille sombre et aux vapeurs noires ; nous aurions pu continuer ces conversations dans de longs emails, j'ai convenu - pour nous - qu'il valait mieux en rester là, sur ces clichés paysagés, la scène emoustille un couple de vieux norvégiens, formidable.

Mais l'été, je crois, c'est une italienne aux grands yeux et à la peau mat qui convient, Giulia, JF bien sous tous rapports, poste à responsabilité dans une grande marque de couture, accent irresistible et expressions italiennes à embarquer pour une chambre d'hotel avec fenêtre ouverte et voile blanc, lumière douce pour réinventer la Toscane.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 11:51 PM -

mercredi 13 avril

fame : Théorème

J'ai le ventre qui brûle, ca pourrait etre toi et le manque de toi, mais non, simplement le manque de nourriture et l'alcool qui s'abime sur les parois de l'estomac, dans l'histoire d'amour bidon les symptomes de l'eternel romantisme ne sont plus que de tristes manifestations physiologiques.
Le rouge du Cosmopolitan dans ton verre, l'amer cerise, j'ai envie de mettre les lumières d'un building là-bas dans tes yeux, l'image d'un rêve : un gosse qui dit la lumière la plus forte c'est la lumière de la terre au carré, un drôle de rêve et toute la somme de la lumière dans tes yeux. Tu esquives, tu envoies 'oups, désolée', on s'est manqué de peu, une déviation d'années lumières.
Et toi de conclure par des 'bref' à n'en plus finir.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 12:17 AM -

lundi 11 avril

fame : Confidentiel

T'es sybilline ; rien ne predisposait à ce que je t'avoue, désormais j'en ai assez de tous tes mots, désormais je préfèrerais ta voix. Devant les filles glacées sur fond dorée je devine que l'aventure se finit, timidiment, l'air de rien. Tes mots mon amour ne valaient déjà pas grand chose, j'ai cru à des abrévations. Désormais je vire les adverbes : evidemment, certainement, et toute la bande.
Pour une nuit avec toi, laisser un message après le bip.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 11:36 PM -

vendredi 01 avril

fame : A/R Vladi

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Histoire de script. la fille a un prenom de princesse galatée, un truc doux avec des l et des a, Lilya, qu'il faut répéter plusieurs fois sans bruit avant d'êre sûr de le prononcer correctement, sans l'ecorcher, parce qu'elle est adorable. Un sourire à tomber, cet air de savoir exactement ce qu'elle fait, pourquoi elle est precisement ici, à cet instant, et le moment d'après un peu paumée, murmurant son micro à ses lèvres et les doigts sur le casque, des mots - de trop - à un real fantôme. Lilya, il y a quelque chose avec tes apparitions et tes disparitions, t'es fringuée en noir, cachée dans le noir, t'apparais avec tes grands yeux, cheveux attachés, lunettes sur le bout du nez (et là c'est limite trop, Lilya y'a rien de plus émouvant, émouvant).

Il y a une histoire avec les scripts girls, l'air discret un peu mutin de ces filles planquées sous leur casque, de celles qui font ce qu'elles veulent comme si la scène leur appartenait, joueuses, un peu. Et si Lilya se fout de jouer ? probabilité élevée, façon quasi certitude que la princesse stellaire a d'autres preoccupations.

Lilya, le genre de fille impromptue qui disparaissent en fade out sur les génériques de happy end, à emmener dans le trans-mandchourien jusqu'à Vladi là bas, histoire d'être sûr d'avoir le temps de l'embrasser jusqu'à plus soif, avec le billet retour pour en profiter encore un peu.

'Je n'ai aucune gêne à me dire qu'on va faire l'amour dans des draps qui n'ont connu qu'Emma. C'est fini tout ça. Les scrupules, les musées vivants, les sentiments fossiles. Je garde tout, je ne renie rien, mais je fais du neuf' (Didier van Cauwelaert dans cette très drôle 'Evangile de Jimmy', Jimmy, américain de son état et clone génétique de Jesus.)

Mais si tu veux Lilya, je te raconte la suite, et tu sais, l'amour on le fait où tu veux. Je t'emmènerais bien loin, et tant pis si ca veut dire enlever ton casque d'assistante real, de script girl, ou quoi que ce soit, et qu'est-ce qu'une princesse etoilée fait avec casque sur les oreilles ?

(les images ne rentrent pas dans la page ; on pourrait mettre sur le fait que j'ai perdu l'habitude, que j'ai pas fait attention. Mais ça n'a rien d'étonnant : Lylia n'a aucune intention de se laisser faire, alors se caser dans une page, pas son genre. Je la vois bien dépasser, et c'est bien ainsi.)

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 05:39 AM -

samedi 26 février

fame : alors tu t'en vas

J'ai encore, là devant sous les yeux, cette vieille photo à la def insuffisante, le joli sourire sans grande assurance et le visage trop contrasté, brune au cheveux longs, il aurait fallu déboucher à grand coup de reflecteur, mais qui savait, alors, il y a toutes ces années ? Je redécouvre en poussant photoshop dans ses derniers retranchements des détails que j'avais oublié, un minuscule grain de beauté dans le cou, le contour des lèvres à peine irrégulier, touchant. Mais, mais on ne saura pas ce que ca aurait donné et photoshop a ses limites, peut-être dans dix ans, ce soir la photo se pique de pixels rouges, verts, bleus, paillettes qui se mélangent aux détails réapparus.
Cette autre photo, t'as autour du cou le ruban noir d'un appareil à images et un coca, avec la paille et tout, que tu tiens tout près de ta bouche.

J'ai pas cessé d'esquisser des histoires formidables avec des filles exceptionnelles qui finissent toujours entre rien et pas grand chose, avec pour seule trace bien souvent un dernier sms avouant 'pas ce soir' et signifiant 'jamais', parfois elle, parfois moi. Des histoires tristes quand elles ne sont pas glauques, de celles qu'on envisage en bord de mer et qui s'oublient à prendre un dernier verre dans un café pas loin, parce que, le bord de mer, pourquoi pas, mais là, ce soir, vraiment... parfois elle, parfois moi. Le bord de mer qui nous a pas attendu lui s'en fout, pendant ce temps là que l'on s'ennuie, à se dire 'alors', à réfléchir à ce qu'on n'a pas déjà dit, ce moment difficile où l'on n'en est plus aux premiers balbutiements tout emoustillés, pas encore aux discussions routinières et rassurantes. Cet entre deux un peu vide, rien à dire, entre nous. Et l'on se retrouve à regarder les tables à côté, à dire 'et au fait', 'voila', 'bref'.

Il y a l'histoire d'une jolie blonde televisuelle, excitante comme dans un teen movie, qui envoie des sms adorables, invitations sexuelles ou romantiques, les deux souvent, et qu'on finit par retrouver au bar d'un grand hotel, un soir de saint valentin, à se demander, entre deux sourires et deux coupes de champagne, ce qu'on fout là, avec cette fille trop jolie, et l'on oublie presque toutes les autres, celles qui n'ont pas donné suite, mais tout est dans le presque. Le syndrome 'et après'. Alors la fille se lasse, retourne à ses aventures televisuelles tardives, elle se demander deux ou trois mois pourquoi cette histoire bizarre et pas finie, tant pis pour les aventures de bord de mer et le Brésil, ses chats et ses voitures resteront dans le nord ouest de Paris.

Et puis cette histoire qui n'en finit pas, où l'on parle un peu d'être amoureux, un peu plus qu'un peu même, cette histoire sans fin (deux ans, darling : "Cette histoire mal commencée a des conséquences inattendues de jour en jour, rebondissements, surprises, révélations, je te confirme ton caractère d'aventurière indisciplinée"), qui se finira peut-être tout aussi mal, par un sms auquel on ne répondra pas, par un email laconique, par un dernier rendez vous à la brasserie pas loin, mais qui, tout de même, pas mal, pas mal. On en fait quoi de cette histoire ? elle aime pas en parler, elle aimera pas que j'en parle.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 11:04 PM -

vendredi 31 décembre

fast&cut(e) : Vichy

Et t'es adorable, même au café d'en bas où il n'y a personne, la paille entre les lèvres, le pepsi pas frais dans un verre bleu et rose. En bas de chez toi il est quatre heure un 31 décembre et le café va fermer. T'as pas proposé de monter.

C'était en rapport avec fast&cut(e) , aux alentours de 08:58 PM -

vendredi 24 décembre

fame : Elle minaude

Elle a un visage de chat, un nez minuscule et de longs cils. Définitivement mignonne versant plus.

Ca ne commence pas exactement comme ça. D'abord la JRI d'une chaîne cablée, croisée trop succintement espace Pierre Cardin, profil photographié pour archives mélancoliques, larcin sans trace. 7h du matin, quelques jours plus tard, les yeux embrumés, la fille a sa caméra à l'épaule Gare de Lyon ; puis elle someille dans un TGV, imperceptible duvet qui se devine soleil rasant la commissure de ses lèvres, mèche blonde sur les yeux. Mais surtout il y a juste derrière l'envoyée spéciale d'un magazine inconnu, journaliste timide au visage de chat, aux grands yeux et à l'air inabordable donc irresistible. Elle c'est Axelle et elle ne sait pas au juste pourquoi elle se retrouve dans la rame bondée d'un TGV vers les Alpes. Et c'est d'elle dont il est question.
Il faudra un peu plus de 36 heures pour la convaincre de se laisser embrasser, grands yeux masqués derrière une paire de lunettes de soleil bon marché, lipstick fraise.
Avant il faudra stratégiquement calculer la place qu'elle choisira à chaque remontée mécanique pour se retrouver à son côté, l'entraîner avant chaque dîner officiel dans une conversation sans fin pour que naturellement elle soit obligée de partager le menu, deviner l'heure à laquelle elle se réveillera pour petit déjeuner en face d'elle (elle prend du chocolat chaud et des croissants qu'elle tartine de nutella) , ce qui n'est pas le plus difficile, la salle de bain de la chambre 27 jouxtant celle de la chambre 26, il suffit d'entendre la douche et puis, plus tard, la clé dans la porte qu'elle referme.
Axelle adore New York dont elle ne se souvient pas très bien (c'est une statistique personnelle, c'est le cas de 75% des filles dont il est question). Elle part à Venise quelques jours, elle parle de Dubrovnik et de Stockholm, mais il faudra quelques heures de plus et poser les questions les plus improbables pour deviner, sans certitude, qu'elle n'y va pas accompagnée.
Il faudra attendre la fin des projections, une remise de prix ubuesque à presque trois heures du matin avant de lui proposer une dernière cigarette, puisqu'elle dit qu'on ne se reverra pas, puisqu'elle part trop tôt le lendemain, pour finalement ne pas attendre qu'elle ait fini de donner son numéro de téléphone pour la prendre par le bras et l'embrasser, fermer la porte.
C'est une drôle d'idée de partir à Venise quelques jours en décembre, elle n'aura pas besoin de son lipstick fraise là-bas, mais lundi, à Paris, peut-être qu'elle en aura.

C'était en rapport avec fame , aux alentours de 08:34 PM -