fame : Parodie

Tes cheveux blonds en mèches forfait 20 ans et tes yeux derrière, que tu surlignes d'un azur guimauve, tes yeux pas bleus, j'aime pas ton air ni ton sourire, j'aime pas quand tu parles et ça ne m'interesse pas, ni maintenant ni plus tard. La douceur n'existe pas, la tienne serait superflue, tes gestes faussement sans sens me lassent, quand tu prends ton sac en simili de rien et ta démarche trop assurée trop balancée de droite à gauche qui peine à revenir, tes talons bas plastique qui claquent un peu et tes pantalons trop serrés, tes hauts blancs d'où débordent trop de tout, tes grandes écharpes qui ne cachent rien de ce qui manque et tes bijoux argentés qui grincent.
J'aime pas ton parfum.
La grâce que tu n'as pas d'avant l'amour, l'envie que tu ne donnes par cette vulgarité involontaire et maladroite, tes mots de trop et tes questions faciles, tes mots appris, expressions évidentes, réactions attendues.
J'aime pas tout ça.
J'aurais aimé passer à côté, juste une nuit et de l'alcool, l'odeur de la cigarette pour tout accompagnement, lumières éteintes et la radio pour ne pas choisir de disque.
Je ne peux pas.
J'ai besoin d'un minimum. T'es mignonne et tout, parfait. Mais tu vois, ça n'a pas marché, je n'ai pas assez bu, jamais, je me méfie de toi, de l'alcool et de moi, même si j'aimerais m'y abandonner.
Tes étoiles sont depuis longtemps éblouies par la lumière d'un fard un peu appuyé. Rien de nouveau ici bas et pour toi et pour longtemps, que de l'attendu, rien d'imaginé ni de rêvé.
Peut-être que c'est moi, enfermé dans des souvenirs imaginés, des nostalgies enjolivées de romantique attardé, des envies de joli et de vent dans des cheveux au goût de sel ; peut-être moi encore, attendant un peu n'importe quoi, ce que je sais ne pas arriver, des mirages à grande vitesse, les constructions bâties jour après jour, à force de fantasmes et d'obsessions entretenues soigneusement.
Vous trouvez tout cela ridicule, n'acceptez pas mes rêves. Mais je les préfère à vos vies, et la fille à qui je pense est plus jolie encore que celles de vos magazines, elle et lui, qu'importe, et les poussières que je ramasse dans les égouts de vos goûts, particules d'un univers desordonné et chaotique, bouts de musiques murmurés, chansons sucrées et livres improbables, mes films inconnus, ce grand vrac bordélique sournois mélange de pornographie intellectuelle et de poésie sporadique - pourquoi la poésie ne serait-elle pas sporadique ? - cet univers volé et brinquebalant, discret petit amas nébuleux, construit jour après jour, mes poussières s'assemblent les unes aux autres, se confondent, s'attirent et finissent par briller davantage encore que les réverbères à la lumière desquels vous me jugez au mieux étrange, au pire je n'ose espérer l'imaginer.

Je n'ai pas eu besoin de te le dire, tu te l'es imaginé bien avant : ce n'est pas toi, c'est moi.
Je n'ai pas voulu te décevoir, ce n'est pas moi. Mais toi dans tout ce que tu es dont je ne veux pas, tout ce que cela représente, ce monde effrayant même s'il sait certainement se montrer rassurant, au matin ou au soir bien plus tard, c'est toi et tout ce que tu dis, ce que tu es, ce dont je ne veux pas, ni ce soir, encore moins demain matin, ni jamais.
Mais c'est dégueulasse et on ne dit pas des choses comme ça.
Alors je ne te dis rien, et n'en pense rien.

Je troque cette parodie de normalité contre toute idée corrosive.
Encore des conneries qui n'ont pas leur place ici.
Taciturnes simagrées, c'est pour de faux.
Rien n'est vrai, il ne s'agit que de mots.

Que je peux poster et backspacer, à mon gré.
C'était simplement pour occuper une dernière bière, une dernière cigarette, rien de grave, tu vois.

Aux environs de avril 2, 2003 01:20 AM
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