fict : Fenêtre sur cour

Dans l'immeuble d'en face, assise sur son balcon, une fille fume une cigarette. Elle a un tee-shirt blanc et un pantalon noir et les jambes un peu dans le vide. Elle a de longs cheveux blonds, elle ne me voit pas.

Un étage plus haut, par la fenêtre, une fille avec un débardeur noir et les cheveux attachés, range sa cuisine.

Deux fenêtres à gauche, une vieille sort son balai qu'elle dépoussière.

Une fenêtre au-dessus, encore, encore une fille, en noir, elle me lance un regard, s'efface.

Je reste les yeux posés sur la jeune fille blonde qui finit maintenant sa cigarette et la jette à terre. Elle met un long moment à descendre, en tourbillonnant un peu, du haut de son cinquième étage. Je l'imagine plus que je ne la vois.

A Paris il se met à pleuvoir. Les nuages sont bleus et la lumière blanchâtre, iréelle, éclaire plus que d'habitude.

Sous la pluie je siffle ma bière pieds nus et en tee shirt, le chat sort et miaule en s'apercevant qu'il pleut, frustré et mécontent de la situation.

La pluie s'arrête et la lumière change doucement, reprend une teinte plus habituelle, lumineuse. Les nuages sont bleux, toujours.

L'odeur des arbres et de l'herbe mouillée monte, Paris devient exotique.
Etrangement, Paris ressemble à un bateau après une rincée sans vent, tout est calme et humide. Etrangement, aussi, Paris prend les odeurs de l'Afrique après la pluie. Au loin des immeubles se fondent dans les nuages et je cherche des yeux la mer.

La fille blonde a jeté sa cigarette et m'a aperçu. Elle rentre en laissant la fenêtre ouverte.

Aux environs de avril 28, 2003 08:02 PM
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