fict : Ref.

Dans la nuit ou presque, le soleil au cul se lovait dans la mer, l'aiguille affichait 4800 tours/min, une fois de plus j'aime faire cette route, même si le soleil j'aurais préféré l'avoir devant, dans l'autre sens, tenter de le rejoindre. Trois heures plus tard il fait nuit, c'est le bordel dans cet appart, et les fringues lavés, ou non, qui traînent, dans la cuisine et dans la chambre et entre les deux, et le lit plus que défait, et les lumières que j'ai oublié d'éteindre en partant.
Sur la route, je pense à ce qu'il faudrait raconter.
Qu'il est définitivement impossible de prendre le périph intérieur à la porte de Gentilly et que toute tentative de biaiser la DDE en empruntant la sortie A6 ne mène qu'à Orly (20 mins). Que ces 20 minutes au retour furent consacrées à un demi tour pour récupérer un chargeur oublié.
Après tout je peux me passer de rentrer à Paris. Je n'ai plus de monnaie pour acheter un café à une station service. Personne sur l'autoroute.
Sur le dictaphone du portable j'enregistre des phrases : les amours éperdus font les amoureux perdus. Je me marre.

Je me demande de quelle couleur sera le spi, et si on le lancera. Il ne fait que 120m². Quand je lui avais montré les photos, elle l'avait trouvé moche, ce spi multicolore, pas moi. A ce moment, un an, presque, je lui en parlais comme s'il était évident qu'elle serait toujours là ; elle ne répondait pas, ça semble si évident à présent.
On a bien failli ne jamais revenir de ces grottes, mais qu'est-ce qu'on a ri. Attaqués par ces saloperies de goëlands qui n'appréciaient pas qu'on dérange leurs petits, entourés des bruits des vipères qui font comme les cigales, en moins fort et plus sec, coincés sur ces parois à ne plus savoir quoi faire, à se demander s'il ne faudrait pas rentrer à la nage.
Sur un bout de sable, perdu entre deux rochers, une crique hypothétique et inaccessible, s'amuser à écrire encore et à nouveau un prénom, effacé quelques heures après, pour rien, comme ça.
C'est sûr, le grand moment sera celui de démarrer le moteur et de gueuler, un peu solennellement, "tout est bon", ou "on y va" ou encore "larguez les amarres", oui, c'est bien ça, ça doit se préparer un moment comme ça.

Des comme ça il y en a encore. Ca me laisse des repères, ca préparer la nostalgie à venir - j'attends avec impatience une histoire un peu con, tout bien préparer et en prévoir l'après.

Aux environs de juillet 8, 2003 02:24 PM
-->