fame : Epitaphe
Je disais, c'est trop mièvre ici, ça pue toujours autant les bons sentiments, j'aime pas. S'y complaire, oui, l'assumer, passe encore, mais l'apprécier non. Je disais - je dis beaucoup, fais moins, ça ne surprend pas - il faudrait - conditionnel ? - écrire trash. Raconter le sexe, et plus le leur que le mien, les nuits, les inventer sinon, faisable ?
Elle, phase d'approche, avancement des travaux, work in progress etc. 6 mois. Mars, avril, mai, juin, juillet, août, tiens, 6 mois, hé, 6 mois pile, jour pour jour, quelques heures encore avant de te voir débarquer, tu viens ?
Elle, donc, sur MSN, (oh les mots, aime, est-ce haine, quelle imagination !).
Peu importe. Elle, vient, discuter, depuis un mois - avant non, pas de contact, juste une obsession - chaque jour, sur MSN. Après une rencontre (intéressante ? oui, normes européennes, peut mieux faire, certification), un pourquoi pas, imaginé, hé, merde quoi, c'est l'été, la période, bref, à voir, et boire etc. après c'est baiser, je crois. Dans cet ordre ou un autre, ne pas s'embarrasser des détails, parce que c'est de cela qu'il s'agit, non, et puis, mélanger, pourquoi pas, à voir et boire en même temps, ou autre, voir et baiser, c'est évident, b&b à l'anglaise sinon, étrange appellation, pour le coup.
Chaque jour les paroles se comptent en Ko, et ce n'est pas un jeu de mot pourri, pas le genre, quelques centaines de Ko - ah, tout de même, oui, encore que le pluriel est là pour le style, la réalité se serait contenté, elle, la belle, d'un singulier plus modeste. Chaque jour - mais pas depuis vendredi, souci du détail, et aujourd'hui ? à voir. Résolution, sous la douche, ce matin, non, en fait hier, ce que je veux dire depuis le début, tout est stérile, jeu un peu stupide, celui où l'on perd à deux, comme on gagne de la même façon, (oh merde les mots, qui sont parfois si laids). Voilà, je vais lui dire, simplement, lui écrire - exactitude, les grands moyens, toujours - écoute, insaisissable jeune fille, qui snobe les propositions en tout genre et les rendez-vous de circonstance, donc voilà, j'ai bien réfléchi, tu vois, jeune fille et jolie, j'en ai marre, ça m'énerve, te parler comme ça, bof, je veux voir tes yeux qui brillent et ta bouche quand tu parles, pas juste les caractères que tu as mis en comics - quoique, non, pas ça, plus simple. Mademoiselle, insaisissable, voilà. Je veux te parler, j'aime quand on discute, comme ça, quand on joue un peu, de provocation en provocation - qui restent des provocations mais de duel et de sang, point - mais ces discussions sur msn, à longueur de journée, qui ne servent à rien, on dit stérile, c'est plus dur qu'autre chose - oui, j'exagère un peu, pour la forme, appuyer les émotions - je veux te voir, tes yeux qui brillent - leitmotiv des yeux qui brillent, gimmick des lèvres aux reflets de lipstick - ta bouche et tes sourires un peu maladroits (adorables). Parce qu'adorable, mademoiselle, je te l'ai pas encore dit, mais tu l'es, pas mal, je ne dis pas mignonne, ni jolie, ni rien, non, adorable, c'est ce que je dis, une fille quand elle me plaît devient adorable, ou l'inverse, mais ce n'est pas sûr, rapport à la philosophie de Hume (ça je ne lui dis pas).
Baisé. Elle vient, débarque fraîchement, 15h46 (aucun souvenir encore, de cette heure là, dans des histoires précédentes), et je réponds ? quoi ? merde. Un peu de. courage ? arghh, il faudrait chercher dans un dico de synonymes, mais franchement, là, écrire un peu de couilles, ce n'est pas ça écrire trash, c'est encore autre chose, pas le genre (mais lequel, dandy décadent, oh l'image, très à la mode, voilà qui serait bien, à adopter d'urgence).
Inutile, donc. Oui, c'est une forme de snobisme que de se complaire dans l'inutile, pourquoi pas alors, embraye.
Mais voilà, le constat (oh que trop amiable, simple problème en deux mots, j't'aime bien mais moi tout court, hé, les grands mots, ça ne va pas non ? mais c'était juste pour le texte, l'enchaînement, promis, rien de plus). Le constat, donc, est triste. Les mots ne suivent pas, planqués à l'ombre sous le clavier, on fait défiler des phrases sans pensée, on. discute ? J'attends, je lui dirais demain, un autre jour, tous ces mots, il reste deux mois, après tout, à ce rythme, la tâche est entreprenable, le reste moins (j'aimerais t'entreprendre).
Une dernière fois, reformulée. Jolie fille, trop difficile de parler avec toi comme ça - et de parler de toi, à côté, ici-même - sans voir, ni tes yeux qui brillent - j'y tiens ! - ni ta bouche, ni ton sourire quand tu es un peu gênée, un peu timide - j'ai les synonymes, pour le coup, j'aime ingénue - adorable. Je ne te l'ai pas dit, tu es adorable. Pas de grande déclaration, tu n'y es pour rien et ça ne changera rien. Simplement j'ai envie de te voir, rien d'autre.
Restons-en là, la position n'est pas si inconfortable.