fame : Epreuves non corrigées

Inutile de cacher plus longtemps qu'écrire ici m'ennuie. Est-ce de la lassitude ? Je n'écris pas non plus vraiment ailleurs - non, rien en gestation, ni l'envie ni l'inspiration.

Il n'y a plus grand chose d'intime depuis longtemps. Ca m'amuse parfois de bafouiller quelques mots, mais sans plus. On est loin de l'ambition originale, de la mise en forme et par écrit, le bloc-note en vrac, davantage exhaustif que de qualité. Gêné aux entournures et à l'entourage, non pas tant que certains lisent mais qu'ils y trouvent de l'intérêt - voilà qui dérange.
L'aspect chronologique, en premier lieu. J'aimais claquer tout ce bordel ici, mais la régularité qu'entraîne l'aspect chronologique est mortel, l'histoire du rocher, recommencer etc.

Même les photos m'ennuient, j'en mets de moins en moins souvent et ça s'arrêtera de toute façon le jour où je ne disposerai plus de ce serveur.

Coup de spleen ? Foutaises, non, merci.
Je relis.

Je ne sais même plus si j'ai déjà balancé quelque part ces conneries là.

"Vous étiez charmante, hier soir. Votre jupe noir, cachant vos jambes sous du nylon noir, sur des petites chaussures rouges. Votre chapeau, béret multicolore sorti d'un esprit warholien. Vos boucles d'oreilles en étoile. Si vous saviez ce qu'elles me rappellent ces étoiles. J'aurais aimé vous embrasser. Avant de vous quitter. Vous êtes évanescente, évanouissante. Bébé donne son sang et bébé s'évanouit. Bébé vient vous voir, bébé vous aime et Bébé vous quitte, sans raison. Bébé n'aime pas les hommes avec qui elle est. Mais comme ils l'intriguent, Bébé reste avec eux. Bébé danse sur des bateaux. On retrouve Bébé marchant sur le pont des arts. Bébé sourit parce qu'elle oublie d'être malheureuse, parce qu'elle oublie de penser à moi. Bébé fait des bêtises, avec elle, avec les autres, mais elle s'en fiche. Ne s'en aperçoit même pas. Bébé est-elle amoureuse, parfois ? oui, Bébé le dit. Il y a longtemps. Elle ne s'en souvient plus très bien. Et moi je suis amoureux de Bébé. Et ça ne va pas me simplifier la vie..."

Ce genre de conneries, facilement situées dans le temps.
Je relis, il y a des centaines de pages de cette teneur (de cette merde). Je m'en fous. Je pourrais mettre le reste, sans aucun état d'âme, il n'y a aucune pudeur là-dedans.

"L'image est usée, mais tu es le paratonnerre de mes coups de foudre. Sauf que tu retiens tout ce courant là. J'aurai aimé t'écrire de jolies lettres, pour que tu les lises. Pas cette connerie qui s'étale sur des centaines de pages et qui ressemble au dégueuli d'un ivrogne de narcissisme. Tout est vrai et tout est honteux. Et ce qui ne serait pas vrai serait encore moins reluisant.
Tes années se passeront sans moi et ma vie sera privée de ton sourire. J'ai trop pensé à tes jolis yeux mademoiselle. J'en ai oublié de regarder les autres.
Je ne le regrette pas, les tiens étaient vraiment plus jolis, tu sais.
Et quoique j'en dise, ils me manqueront.
Et quoique tu en dises, j'aimerai les revoir.
"

Une sorte d'auto-dénigration/dérision.
Avec ta frange tu ressemblais davantage à Anna, mais je m'en fous, Anna est bien mieux que toi.

Parfois c'est bien pire, inutile de lire, les mots sont ridicules d'eux-mêmes.

"Demain il fera chaud et l'orage ne sera qu'un souvenir, au mieux. Le soleil reprendra son droit de brûler ce sur quoi il se posera. Le vent soufflera peut-être, pour le bonheur des voiliers qui n'osaient montrer leurs grands mats d'aluminium sous les éclairs. La mer se couvrira d'un peu d'écume, brisant son bleu uniforme, se ridera sous les rafales, revivra. Les nuages retardataires finiront de passer dans le ciel, masquant pour quelques minutes le soleil. Et il fera beau, à nouveau, comme hier. Le baromètre remontera, optimiste ou audacieux, rassurant. Les nappes ressortiront sur les tables de plastique des jardins, les piscines se découvriront au contraire des plages qui troqueront leur pâle couleur sable contre le noir des peaux brûlées."

Il faut assumer, même le pire, dont acte.
Un peu, de suite.

"Je ne parle pas tellement de nous. Je ne sais quoi dire en fait. Pour changer. Mais tu vois, certaines choses ne changent pas. Comme le fait qu'il te suffit de m'envoyer quelques mots, même incohérents, pour me donner envie d'écrire. A toi, sur toi, pour toi. De t'écrire au lieu de te parler. De t'écrire comme te coucher sur le papier avec de l'encre, sinon je t'aurai dit à t'écrire. T'écrire comme te décrire.
Serais-tu, toi, demoiselle en manque d'affection ou en manque de jeu amoureux ? Tu sais à quel point je t'ai toujours dit être d'accord pour jouer avec toi, d'accord pour accepter tes règles, d'accord pour avoir le mauvais rôle. D'accord pour perdre aussi. Tu peux truquer les dés ou même ne pas me laisser les lancer. J'étais d'accord pour que tu poses tes règles et que j'en dispose. J'acceptais tout et tu n'avais qu'à t'amuser.
Mais tu n'as pas voulu, je ne sais pourquoi. Tu n'avais rien à perdre, au contraire de moi. Tu avais tout à y gagner, moi aussi, certes.
Alors si nous jouons, aujourd'hui, permets moi de te demander une certaine équité dans les règles. Cette fois nous jouerons-jouirons à deux et tu pourras perdre et moi être le seul à gagner. Je ne couche pas la proposition sur papier, ne te propose pas un contrat écrit, tout cela serait de fort mauvais goût, non ?
"

C'était un soir d'été, je crois, elle avait envoyé un sms, quelque chose comme ça, c'était reparti, pour quelques mois. Ca n'a pas d'intérêt, j'archive, seulement. Une façon comme une autre que toute ces histoires sont multipliables à l'infini, que ça ne veut rien dire, que ce n'est même pas toujours bien écrit.

J'écris n'importe quoi.

"J'aime pas le sort et l'ironie ne me plaît guère plus a priori, je t'avouerai. tant pis, c'est la vie. Et c'est comme ça. C'est où la rue Caumartin ? Tu rentres quand à Paris ? Et avec ta moitié (j'ai envie de dire connard, mais c'est moi qui suis énervé. Il n'y est pour rien, lui. J'aurai même plutôt une certaine compassion, à moins qu'il ne s'agisse de pitié) ? Il est où mon stylet ? C'est loin le bout du monde ?

Sanglée ensanglantée en sanglots, grelottante dilettante. Atterrant. Et c'est moi qui atterri, sur le Q de mes soliloques, quand j'M tes messages pas le N de tes non. J'arrive même plus à aligner trois noms quand j'aurais aimé m'aligner sur la ligne pas nette de tes obtus désirs. Flou gaussien et plus artistique. Je ne connais pas la différence quand tu m'obliges la déférence. T jeune et les barres sur les T sont devenues du thé à la menthe sans mentir mais sucré, quand mes points sur tes I sont Thésée sur des pointes. T belle et j'en crêve à force de mes rêves. Qui ne font mal qu'au matin, pas comme la vie. Victime. Rêve à en crever moi qui t'attends et t'a si peu. En rêve. L'aura pas qu'on me dit et médit. En dédit je dis non après dîner et l'apéro pris bas. Et tu t'en fous quand c'est moi qui veut t'en foutre. Dans la gueule et ailleurs, sur le corps et au soleil. Et c'est moi qui m'en fous quand tu veux me le rendre. C'est toi qui m'a fait fou quand c'est moi qui m'en foutait. Absence d'un soir quand d'étoiles en étoiles tu fis tes voux, et là tu fais ce que tu veux. C'est moi qui n'ai rien vu, moi qui n'ai rien fait, pas même un vou. Et c'est moi qui veux, et c'est toi qui fait. Quand tu veux. Y es-tu pour moi ? moi j'y tue pour toi, perdu entre un mot et un mort, cadavre exquis aux amers relents de poussière de mer. Amers regrets d'une âme de mer, au bord d'une autre, au bord d'elle. Boxon notoire ça fait des points au scrabble pas de peine aux scories de mes amours biaisés.
T ou là ? Thé ou lait ? T'es où lo ? A la menthe et avec du sucre. Pour ce que tu me mens et ce que tu me sucres. Amant pas sucré. Amande amère, goût de poison. Cyanure et si y'a pas ? Bord de toi au bord d'une île et clopes dunhill. Cour chaud mais d'artichaut. On m'y reprendra plus, je m'y pendrai tout seul, au fil de mes rêves. La belle au bois dormant au rouet de tes coups. Et tu n'auras plus qu'à oublier ces messages auxquels tu ne réponds pas. Tu n'auras plus qu'à oublier cette voix à laquelle tu ne réponds pas. Et puis moi tout entier puisque je ne t'intéresse pas. Epuise moi tout entier. Aussi. Au cirque ou au cimetière. Ou au cimeterre. Délétère trop terre à terre, dans l'éther de mon amour.
Je me rappelle plus tes mains. Deux mains tu me dis et moi j'attends. Je cherche les mots que je ne trouve pas alors je les invente, comme je t'ai inventée toi qui t'évanouis et vacille déjà dans ma mémoire. Déjà tu n'es plus qu'un jeu et je reprends mon je que j'avais mis en dépôt vente. Tout mon je dans un doggy bag que je gardais pour toi, bien au frais dans le freezer entre deux bières. Je le sors et le mets en bière entre deux plus très frais.
Photo clichée pour te séduire mais tu ne regardes pas, moi j'ai tout gardé. Tes mots et des lettres, tes morts et tes êtres. Tu te tires à tire d'elle et moi je fais des conneries, d'elle en aile, de l'une à l'autre, à l'aune de l'aube. Je joue j'm'en fous. Tout est semblant sanglant sans gland. Rien à faire mais rien à perdre. C'est une question de vie ou de mort mais la mort est hors je. Sifflée carton rouge la mort. Expulsée. Et la vie qui survit. Ridicule et tubercule. C'est nul.
Reviens que je m'arrête. Je t'ai tout dit là. Je t'ai dit je t'aime. Je t'ai dit tu me fais chier. J'ai dit t'oublier et je t'ai suppliée. Mais t'as rien entendu ou t'as rien compris. Où c'est moi qu'ai rien envoyé. Mais t'es pas là. Et c'est ça qui va pas. Les gens qui s'aiment ça doit être ensemble. C'est logique, c'est comme ça.
Alors je continue ? Mes conneries et le chaud qui must go on ? Et je t'envoie tout par chronopost, accusé de réception et recommandé. Et fais gaffe le facteur, c'est de l'amour, ça, pas des factures. C'est con mais moi j'y tiens.
Et j'entends toujours pas ta voix toi ma demoiselle qui raccroche quand je l'appelle. C'est moi qui devrait raccrocher. Les gants au vestiaire, élégant faussaire. J'ai cru être amoureux, ça devait être faux. Je me rassure, sur la vie et en tous risques. I miss you et I mise you. 8, comme le 8 mars. Rouge comme ta jupe. Pair, à deux. Jackpot mais Jack à dit pas d'pot pas touche. Et je laisse le tout sur la table. Affable, pourboire de roi. Jack s'en même et Jack'son balance de gauche à droite. J'me casse en disgrâce, sortie exit vers Terre d'exile. Verte Asie mais vain asile. Triste sire et sombre affair. I date you à environ deux ans. Where ? Egyptia. Et j'y gît.
Paris je te quitte, tes ponts ne me mène pas à mon-île. Pont des arts et des espérés.
Tu t'appelles pas Lolita, pas lola non plus. Et lo coule sous les ponts. A m'y jeter je n'attraperai que froid moi qui voulais toi. Tu t'appelles comme tu t'épèles, difficilement, de pelures d'oignons qui font pleurer en arabesques de zestes incestes de citron acidulé. J'invente un vent, du sud au nord, gonflé à l'eau salée sans goût de larmes, courant d'air plus que mistral, tu le souffles et éteins une bougie vapeur. Tsunami tu m'as mis dans un piège dont je ne sors plus. Ensorcelle en sorts frelatés. Cathédrale de papier car tes Graals paraphés, envoyés de ta ville sainte que je relis à les user. Mot après mot. Ca mord pas. Et je pêche.
It's the end and c'est sans doute mieux comme ça.
Accepte mes baisers polis par la mer qui les ressasse.
Je t'.
C'est peut-être pas vrai, mais c plus joli."

J'ai déjà vu ça, non ? Quelque part, sur ouahad, ce n'est pas du recyclage, une façon de montrer qu'il y en a autant dedans que dehors. Un peu comme une île flottante à la fourchette, même pas sûr de bouffer le meilleur. Si ce n'est pas vrai à quoi bon le dire et le tenir ou l'écrire ?

Elle s'en va pas cette foutue histoire, c'était couru d'avance, les morts vivants sont pas facile à tuer.

J'ai arrêté tout ça après new york/01, sans rapport, je l'ai inventé. D'autres morceaux, les plus épais, éparpillés/dissiminés, oui, coupés comme des corps, on peut le voir comme ça, quelque part ici, ces pages que je devrais effacer, qui restent.

Finalement j'aurais dû continuer à foutre du bordel un peu partour, à multiplier l'aspect grenier poussiereux plutôt qu'adopter cette publication rigide qui n'a aucun sens.
Je découvre d'autres histoires dans d'autres fichiers.

"Alors j'ai abandonné les pays trop chauds et les mers trop bleues, les fleuves qui s'y déversent et les bateaux qui y pourrissent. J'ai abandonné des visages salés et des corps brûlés, promesses d'ivresses mais nuits d'ivrognes sans rêves. J'ai abandonné ces histoires sans fin et sans appétit, ces conneries débitées sur des papiers trouvés et puis perdus. J'ai abandonné les mots avant de les avoir perdus, les ai laissés dans la consigne automatique d'une gare désaffectée. J'ai abandonné des idées dans des verres anisés et des âmes enchevêtrées les unes aux autres. J'ai abandonné, asilé au pays de sucres héroïnisés par l'indélicat barbu du bar de là-haut. J'ai abandonné, sous les gouttes de pluies, des pays utopisés et des paradis atomisés, repoussé par un vent motorisé. J'ai abandonné les bars aux tabacs des bords de mer, les verres continuent d'y suinter et les banquettes de s'élimer, toutes seules ou pas. Je t'ai abandonnée toi mais j'ai perdu plus que ça.

Dans un avion on vole
Dans un bateau on navigue
Dans une voiture on roule
Dans un train, on traine ? alors on baise.
"

Il y a plus de dix ans, je me disputais déjà une fille avec lui. Ni l'un ni l'autre n'a gagné, j'ai encore quelques textes, l'avantage du traitement de texte, lui qui les écrivait sur quadrillé Clairefontaine les a perdu en les lui donnant. Beaucoup de merde, oh, bien sûr, jeunesse etc. mais non, voilà :

"Inconsidérée mais aimée,
Laissée et désirée,
Futile mais si jolie,
Utile et si fragile
"

Je ne mets pas le pire, on est déjà assez bas. Au moins je préfère ce que je fais maintenant.

Au hasard, encore (par hasard et pas rasé, comme j'ai aussi j'veux pas qu'on m'aime mais j'veux quand même, qui devrait sous-titrer tout ce bordel, j'emprunte).

"Je crois savoir que vous êtes de retour en France. Aurez-vous la délicatesse de me le faire savoir de façon plus officielle ou allez vous attendre que je vous le demande, au mois de septembre ? allez vous me faire languir encore deux mois, au risque de me laisser vous oublier ? libre à vous, de même.
M'en voudrez-vous de ne pas avoir pensé à vous ? Je crois que je vous oublie, la faute à la mer, au vent qui m'enivre plus que vous, plus violent et plus près surtout. Je le sens sans avoir besoin de me le rappeler, entends les vagues sans avoir besoin de les rêver. Pourquoi n'êtes vous pas un peu plus proche de moi ? Pourquoi ne me répondez vous pas ? vous êtes si distante, et vous continuez malgré tout à me manquer, cela est indéniable. le mot n'est pas joli d'ailleurs, mais peu importe après tout.
Je vous attends, encore un peu, jusqu'à ce que je me lasse, ou que vous veniez à moi, que vous quitte ou vous oublie. Je suis sans doute un peu mégalomane, mais c'est peut-être aussi la seule façon de vivre. Comment apprécier les autres si l'on ne s'apprécie pas soi même ? Que dire d'autre, encore, ce soir ? je vais vous quitter pour un livre, je pense. Je ne vous ai pas demandé de lire ce journal ! C'est moi qui vous l'ai donné ? êtes vous sûre au moins que j'étais conscient, sain de corps, et surtout d'esprit, non sous l'emprise d'une quelconque drogue ? que je n'ai pas voulu vous donner quelqu'autre nouvelle que j'écrirai bientôt, ou même, encore, que vous ne me l'avez pas volé, ce journal ? vous voyez, j'ai des excuses à la pelle. Lesquelles avez vous pour vous permettre, non seulement de me lire mais en plus de me critiquer ?
"

Lourd, lourd, lourd, laborieux, chiant.
Et avant, encore avant, alors que tout ici n'était même pas encore à l'état de projet, je suis surpris de lire ça.

"Je ne t'ai pas oubliée mais avais d'autres projets d'écriture en tête. Des projets qui ne te concernent pas, tu sais ce genre de textes, de nouvelles qui n'ont aucun sens, ni à écrire ni à lire mais qui flattent sans doute un peu l'ego. C'est l'histoire d'un mec. oh, et puis, après tout, tu la liras peut être un jour, j'ai la prétention d'afficher ces élucubrations, de façon anonyme, heureusement. Je trouve amusant l'idée d'un site Internet qui exhibe sans dévoiler. Textes et photos, impressions, vécu, mais pas de nom. "

Peut-être que j'aime finalement écrire aussi longuement parce que j'ai l'intuition que cela découragera le lecteur, qu'au bout d'un moment je me retrouve davantage seul (peinard).
Finir là-dessus ?

"Je m'octroie le droit de me plaindre, j'ai l'impression d'emmerder le monde avec mes problèmes et mes écrits. Je ne sais même pas si vous les lisez, je m'adresse à vous comme à tous les autres. J'ai l'impression de faire peur, je passe pour un fou, aussi parfois. Enfin, pour quelqu'un d'étrange. Cela m'amuse parfois, pas toujours. Il n'est pas facile de s'assumer.

Je vous embrasse, espérant secrètement que c'est la dernière fois que j'aurais à la faire sur du papier, et encore, sur un ersatz de papier. On a les paradis qu'on peut. "

Je relis tout ça, avec le sourire, ça semble si loin, alors que ça ne l'est pas tant, ou l'inverse, parfois. Finalement elle est encore plus présente que je ne l'avais pensé, davantage encore que je ne l'avais redouté.

Quant à une autre, il est temps de finir les paroles de la chanson que je ne chanterai pas.

"Eh Camille
Mets donc tes bas résilles, de bière en bière je vacille
Eh Camille
Cette histoire d'un soir sur un quai pas très loin de bastille

Et te dire pour une fois tous ces mots que je vis d'ivre voix,
mes déboires de ce soir et tes yeux, tout s'éteint au matin

Ho Camille
Ciao bye bye
Je me barre par l'écoutille
Adieu Camille

Un train d'enfer Entre tes reins
Toute une nuit j'étais vraiment plein
Au réveil seul
L'abandon entre mes mains

Trop saoul d'écume De filles faciles
Et d'histoires qu'on déshabille
Un peu d'alcool
Te voilà les yeux qui brillent

Hé Camille
J'embarque sans toi demain
Je me barre en rade au plus loin
Une histoire
Fade et partie en vrille
Un amour
D'un unique refrain

Une vieille canaille qui rencontre une fille de rien
Une histoire d'amour esquissée juste le temps d'un refrain

Oh Camille, prends tes bas résilles
Et viens sans culotte à la station bastille

Un train d'enfer Entre tes reins
Toute une nuit j'étais vraiment plein
Au réveil seul
L'abandon entre mes mains

Trop saoul d'écume De filles faciles
Toutes ces histoires là je me rhabille
Et trop d'alcool
Les souvenirs se distillent
"

Elle n'aimera pas, je m'en fous, j'ouvre une Guinness.
J'y vais. Ce soir j'ai une autre histoire à foutre en l'air.
Si elle est aussi jolie.

Aux environs de octobre 21, 2003 06:55 PM
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