fame : One More

En quelque sorte, du laisser aller.
Peut-être pas le terme le plus adapté, certes, mais tout de même, quel vide.
Le même problème : écrire, être lu, quelque chose à voir avec ça. Bref, comme quand on coupe court, à la façon du bourreau, bourre haut. (Et, non, je n'aime pas non plus ce lacanisme sous jacent, mais il s'impose de lui-même, je suis innocent.)

Je voulais vous dire. Ah, oui, une histoire d'amour sans amour. Elle, c'est une jeune fille au cheveux courts, un mélange improbable entre Jean Seberg et Audrey Hepburn. Les yeux qui rient et des pommettes saillantes - il paraît que j'aime ça. Il se trouve, elle se trouve là, elle se trouve plutôt bien habillée, bien sûr un pantalon noir qui cache ce qu'elle n'aime pas - la coupe est habile, pour sûr - quant au reste c'est semi transparent, quelque chose comme translucide, et c'est diablement joli, surtout ce que l'on voit par transparence. Elle a ses yeux surlignés/soulignés de noir, elle a saupoudré tout autour de minuscules paillettes qui scintillent. Elle a surtout, pile entre ce bas et ce haut, un petit ventre, comme s'il dépassait légèrement, mais c'est juste que le haut est trop haut, le bas trop bas, et que ça se fait. Mais - et là est toute la raison de ce qui précède et la cause de ce qui suit - je craque, sur les filles cambrées, sur les filles qui ont un tout petit ventre - elle n'en sait rien, elle.
C'est une longue histoire, commencée il y a dix ans et plus, beaucoup plus. Ce serait rentrer dans les détails, le début d'un truc sans fin, inintéressant, ce serait s'éloigner du sujet.
Elle danse, je la regarde, elle, à son tour, on échange, c'est fou ce qu'on peut échanger, cela tombe bien, que dire d'autre, ce soir, attendre minuit, des choses comme ça. Elle danse. Sur Sophie Ellis Bextor je lui dis qu'elle est toujours aussi jolie, elle sourit. Elle continue de danser, fume une cigarette maladroitement, boit une bière à la bouteille. Minuit passe et nous nous embrassons - comme on fait amicalement, la main sur l'épaule, ainsi. Sur Blondie je lui dis qu'il est tard, qu'il faut partir. Elle me regarde étonnée, je lui demande l'heure et quand elle répond qu'il est plus de deux heures, je dis tant pis je l'embrasse - comme on ne fait pas amicalement, cette fois la main dans le dos, elle se cambre et son ventre se colle au mien. Elle me regarde, étonnée, je souris, oui, tant pis parce qu'il est trop tard pour que je mette ça sur le compte de la confusion. Elle sourit, alors c'est gagné.
Plus tard, en voiture, elle me demande si c'est bien sérieux, il y a la neige annoncée, il fait froid, il est tard, je ne réponds pas, je ne lui dis pas que je n'ai pas fait réviser la voiture depuis si longtemps, que je n'ai pas de quoi, sur le tableau de bord clignote « service », je sais qu'elle ne peut pas le voir, de sa place. Je laisse ma main sur son genoux, sur l'autoroute, après la 5eme. Il y a assez d'essence, pour l'aller, le chauffage chauffe, à fond, et elle joue avec les stations de l'autoradio. Elle demande où l'on va, je lui dis tais-toi, tu parles trop, ça ne sert à rien de parler, regarde la route et écoute la musique, chut. Elle tire sur sa ceinture et pose sa tête sur mon épaule. A la radio c'est un programme spécial nouvel an et les singles de 2003 sont diffusés par ordre de vente décroissant. A 4 heures j'écoute les fonds de tiroir, et le soleil est encore loin, de se lever, la mer aussi. La fille à côté, mélange improbable entre Jean Seberg et Audrey Hepburn, dort. Je me souviens que Jean Seberg est morte en se goinffrant de bouffe pour chien.
A un moment, cette histoire a dégénéré. Me souviens plus quand.

Aux environs de janvier 5, 2004 08:48 AM
-->