fame : De choses et d'autres
Dans l'absolu, bien sûr, il serait préférable de répartir les posts dans la semaine, plutôt que d'avoir envie d'écrire beaucoup en une seule fois. Bien sûr. A un moment j'avais imaginé continuer à rédiger ces posts comme d'ordinaire mais ne plus les poster qu'une fois par semaine. Cela a sans doute à voir avec des problèmes concernant l'exhibitionnisme, la pudeur et globalement tout ce qui se situe entre les deux.
Moins à dire ? En même temps, à quoi bon descendre Pas sur la bouche, à quoi bon décrire la petite blonde dans le bus etc.
Il y a plusieurs raisons, j'ai analysé, synthétisé, etc.
1. Il n'y a plus d'alcool chez moi. Enfin, presque. Dans le frigidaire, du Martini rouge, du blanc, des Hoegaarden, du vin blanc et du champagne. Tout ce que peuvent boire les filles, on ne sait jamais, un malentendu, une fille qui oublie son parapluie, ce genre de chose. Dans le congélateur, cinq bouteilles de vodka, mais ni Kalhua ni Bailey's ni Coca ni pêche pour accompagner. Dans le bar une foultitude de trucs que je ne bois jamais.
J'ai vécu mes plus belles histoires d'amour sur le papier à moitié ivre, par pudeur.
Il s'agit évidemment d'une raison qui ne résiste guère à l'analyse poussée, je pourrais très bien me saouler au Martini - mais enfin, hein...
2. J'écrivais souvent ici avant de me lancer dans un article, comme pour me dégourdir, là ça devient une finalité, c'est différent.
Argument peu convaincant, quoique plus drôle, c'est un point de vue salvateur, pourquoi pas.
3. Manque d'histoire. Je ne sais pas. Il y a cette fille partie sous la neige, beaucoup trop loin pour moi, tant pis. Il y a cette fille mais c'est moi qui suis parti sous la pluie, côté chien qui s'en va fuyant, le poil mouillé, pas fier, dommage, remis. L'été les filles montrent leurs jambes sous leur jupe et l'hiver elles cachent leurs yeux sous leur chapeau, c'est tout aussi joli, il suffit de trouver une histoire, un point de départ, ça ne tarde jamais. Encore faut-il qu'elle ne connaisse pas cet endroit, point 4.
4. Comme tout le monde, ça finit toujours pas se savoir, google & cie. C'est une petite histoire, sans grand intérêt. Par où commencer ? la cigarette s'éteint d'elle-même dans le cendrier, un fond de vodka plus très froid dans le verre. Elle a tapé savon vert dans google, elle est tombée là-dessus. Je débarquais à New York. En face de Manhattan, de l'autre côté de l'Hudson River il y a une horloge géante Colgate et je trouvais ça drôle, je photographiais ce couple qui s'embrassait. Mon portable sonne, un SMS automatique me prévient qu'elle est ici, en train de lire, je n'avais jamais désactivé ce système, étrangement. Je me dis que la coïncidence est amusante, une drôle d'histoire. Elle a du voir les photos, on avait parlé de New York, j'avais regardé les billets, ce genre de choses, c'était amusant, on était déjà descendus dans le même hôtel, cela aurait été amusant, d'y retourner, non ? Amusant, tu parles.
J'ai essayé d'effacer ce billet/post/mot sur cette histoire de savon, sans y arriver, il est toujous là. Un peu de mal à assumer ? Sans doute. Elle n'a rien dit, il n'y a rien à dire, ce n'est pas son genre. Elle n'a pas vu que je parlais d'elle encore parfois.
Il y a cette fille dont je rêve encore et pas plus tard que cette nuit... Un jour par hasard elle viendra ici, peut-être.
C'est terrible, toutes ces histoires qui n'en finissent pas. Parfois je m'en fous, j'écris ces conneries, ne relis pas et j'appuie sur SAVE et je prends le cendrier et les quelques bouteilles de bières vides que je mets dans un carton pour les recycler. Parfois j'ai envie de tout effacer, de juste laisser une page presque blanche avec juste écrit dessus "vous avez raison, c'est trop con" quelque chose de ce genre-là. Mais voilà, je me dis tant pis pour l'heure et puisque la vodka est finie j'ouvre une Guinness, je ne sais ni où ni quand et surtout pas comment ça finira, c'est juste une nuit de plus, à attendre.
Je me retrouve seul, elles sont loins toutes ces soirées entre copains où l'on buvait jusque tard, où l'on faisait la fermeture des bars de République jusqu'au plus glauque, la grande brasserie à l'ouest qui reste ouverte toute la nuit. Ce sont des histoires de couples, jolies parfois, mais voilà, ça n'est pas le point, non, le point c'est que ça change. Combien de nuit dans Paris ? Encore ?
Je n'ai jamais su vraiment quoi faire, ni de toutes ces histoires ni de cet endroit. Je dis que je m'en fous, parfois j'y arrive.
A la fin de l'histoire, il y a deux, j'écrivais : "Nous étions à New York pour une histoire de banque, tombions amoureux de la ville et l'un de l'autre, le temps de trois nuits dans un hôtel de luxe. Nous profitions des repas le soir, nous contentions de hamburgers la journée. Nous faisions l'amour le deuxième soir et dormions dans les bras l'un de l'autre la troisième nuit. C'était une histoire d'amour à New York, comme tant d'autres, simple, légère, peut-être un peu trop romantique.
Et puis peut-être cette histoire ne sera-t-elle même pas éditée. J'ai tiré le manuscrit sur une imprimante laser qui sort seize pages par minute. Ca a pris six minutes. Pour trois ans. Je n'ai peut-être pas besoin d'éditeur si j'ai une laser. Après tout, qui ça intéresse vraiment cette vague histoire d'amour ? Deux, trois personnes ? Douze minutes d'impression laser.
Je te déposerai le manuscrit, dédicacé, dans ta boîte au lettre, juste avant de prendre l'avion, à 7 heures.
J'ai compris que tout cela n'avait sans doute pas autant d'importance que je le croyais. Dans un film tu m'aurais embrassé et nous serions ensembles. Mais il ne s'agit que d'un roman.
Je ne vais pas à New York chercher l'inspiration pour un nouveau bouquin ; j'espère n'y rencontrer aucune trop jolie française."
C'est encore une autre histoire. Finalement j'ai toujours le manuscrit dans un placard, ce n'était pas très bon. Elle, elle n'a plus jamais voulu entendre parler de moi. Jusqu'à présent elle y est plutôt bien arrivé, je n'ai pas essayé de lui donner tort. J'ai passé douze jours à marcher dans les rues, elle avait raison, tout ça était pathétique, je n'ai pas regretté qu'elle ne soit pas là. Il faisait trop froid et elle était toujours malade.
Il y a eu cette autre fille, et, il y a un an, à la fin de l'histoire, j'écrivais :
"Je ne saurais jamais si elle a passé les vingt minutes à se préparer ou à hésiter. Mais elle n'est pas descendue avant. Elle a ouvert la portière et s'est assise.
Elle a dit on y va ?
Elle a dit "il faudra que tu me rappelles comment tu embrasses".
C'était hier.
Toute cette histoire n'est sans doute pas terminée, et se terminera peut-être mal, comme elle a plutôt mal commencé.
Mais par la fenêtre la mer est bleue foncée et se confond avec le ciel. Il fait nuit et elle dort, à côté. Et je préfère la rejoindre que d'imaginer la suite."
Le manuscrit n'est pas très loin du précédent, dans le même placard. La même histoire, encore, et encore. Ce n'était pas très bon non plus, mais j'avais fait des progrès, je ne lui en avais pas parlé. Je m'en félicite, elle n'a jamais eu à me le reprocher.
Du coup s'il y en a un autre, ça commencera comme ça : "Première rencontre avec Anna, le bruit de ses pas dans l'escalier, le craquement du bois. "
Je ne suis pas très sûr, il paraît que l'on met parfois des années pour trouver la première phrase, qu'ensuite tout est plus facile, que c'est un simple déclic, il n'y a rien à faire. J'attends. Au moins, je sais qu'il n'y aura personne pour me dire quoi que ce soit.
5. J'aurais pu conclure là, mais je n'ai jamais su finir sur un moment fort, quelque chose de bien, non, j'ai tendance à en rajouter. Cinq, donc, trop de gens lisent toutes ces conneries et ne le devraient pas, je ne sais pas quoi en penser. Faut que ça décante, simplement.
Finalement, j'ai trouvé, un Martini rouge que je n'ai pas aimé, une vodka un peu trop forte et une Guinness. Dire que j'aurais pu écrire un article formidable sur Pas sur la bouche, le film le plus réac de l'année, il y en a à dire des choses là-dessus. Mais ce n'est qu'un début, en 2003 la production française bénéficiait encore des investissements passés de Canal+. Il se dit que les deux prochaines années seront catastrophiques pour le cinéma.
Tout ça me fait dire, que, sans s'aventurer et en toute lucidité, c'est globalement assez mal barré. D'un naturel cyniquement optimiste, je m'en fous, j'ai 12minutes de vidéo de cette fille formidable qui porte autour du coup un coeur en argent et sur la langue un piercing, cette fille qui chante Sensualité en se déhanchant, c'est formidable. Next in queue, please.