fict : Nuit américaine

Quatre heures du matin, une défaite, l'abandon face à une nuit loin d'être finie, un lendemain foutu. Quatre heures du matin c'est le milieu de rien. Inutile d'aller jusque là pour s'y arrêter, non. Quatre heures du matin, c'est la pire des heures pour rentrer. Il faut tenir jusqu'au matin, passer la frontière de six heures, entre la nuit et le jour.
A deux heures rue Pierre Lescot il s'agit de terminer les Long Island, le bar ferme, Paris est désert, ici ce sont des américains. A quatre heures dans les bars il n'y a plus que de la musique, trop forte, trop chaud, un couple, petite brune, un autre à gauche, deux blonds, entre deux au milieu de nulle part. Le barman tient une discussion absurde sur la composition du Long Island. Il abandonne et laisse une bouteille pour doser. Ca ne ressemble à rien. Les heures passent, lentement. On parle et c'est impossible de répéter ça ici. Les bières descendent. Six heures du matin dans les jardins des halles à chercher un dernier bar. Six heures du matin devant une soupe à l'oignon, il est trop tôt, les bières se servent en bocks. Strasbourg Saint Denis les taxis remontent vers le nord et ses banlieues, ils ne descendent plus rive gauche, trop tard. Il faut changer d'avenue, de boulevard, changer de sens.
La nuit est finie. La nuit ne ressemble à rien et c'est le mieux. La nuit évite de vivre les lendemains.

Aux environs de février 24, 2004 12:16 AM
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