fame : L'histoire de la fille, 2 couettes 1 frange.

Je suis en retard. Mais, aussi, les histoires s'accumulent, le temps passent, les nuits plus vite que les jours, qui sont longs, toujours si longs.
Alors la fille, celle de vendredi, vite, façon express, hop.

Dans un décor, studio d'enregistrement, consoles, rock, hop.
Pour l'histoire, la fille. Pas très grande, deux couettes et une frange, mais cheveux bruns. "Mais" parce que sinon, la fille, elle m'en rappelle une autre, facile, c'est ça l'histoire, dire qu'il n'y a pas de hasard, non, juste de simples coincidences, des putains de coincidences, toujours, comme si, ce jour-là, sur une chanson de Goldman, il fallait une fille qui te ressemble, toi qui chantais Goldman, un soir.
Voilà, tu vois, on en revient là, tant pis, moi j'ai pas promis une grande histoire, non, juste une fille avec deux couettes et une frange.
Une fille, dans le marketing - mais la vrai question est : combien y-a-t-il de filles qui travaillent dans le marketing ?
Cette fille, surtout, elle a ton regard, tes yeux, ce sourire, le tien, cet ensemble, un air, non ? C'est troublant, je lui souris, elle aussi, rien de plus, inutile.
Ca pourrait être toi.
Tu permets, je déballe un peu, de toute façon l'histoire de la fille à frange n'était qu'une excuse - et tant pis si l'expression fille à frange était jolie, dire que j'avais horreur des franges, petit, c'est con, parfois, les choses, j'aimais pas la Guinness, j'aimais pas les blondes, encore moins les blondes à franges, aujourd'hui je me demande juste si tout ça changera encore.

Le hasard, non, ces foutues coincidences. Palmolive (je m'en fous, je ne suis plus référencé chez Google, alors tu sais...), cette pub que je vois ce soir, coincée entre deux plans de l'asteroide d'Armageddon, affalé dans un canapé (sur lequel...), à boire une vodka - dans un verre formidable, pour les bateaux, doté d'un fond convexe qui lui permet de suivre le roulis comme le tanguage - à écrire mes articles quotidiens, quelques mails, rien de passionnant, la vodka aide, les images aussi, je t'expliquerai. La pub c'est pour Palmolive SPA, gel douche innovant - révolutionnaire, non, pas retenu au panel ? - un gel douche qui procure les sensations d'un massage SPA. C'est drôle. J'ai vu cette expression, cet acronyme - je ne sais pas - SPA, à New York, sur tous les instituts de beauté. Alors j'ai cherché : une chaîne, un produit révolutionnaire, une technique de bain de boue ou de masque avant la sieste. Je n'ai pas trouvé. Depuis, deux mois, à peine, je le vois partout.
Ca aussi, ça a quelque chose à voir avec les coincidences, quelque chose d'amusant, on découvre quelque chose et d'un coup on le retrouve partout. Voilà, moi c'est SPA, je ne sais pas ce que ça signifie, je n'ai pas cherché dans Google. Mais ton gel douche Palmolive, j'aimerais bien l'essayer. Problème de concordance des temps, j'aurais bien aimé. Maintenant, je m'en fous, oui.

Ce que j'en dis ? Oh. Ce que j'aimerais dire : si tu savais. Mais au fond je m'en fous, n'ai rien à prouver, plus rien, finalement. On est juste rien, même si parfois je pense à toi, encore.

Aux environs de mars 8, 2004 11:59 PM
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