fame : alors tu t'en vas
J'ai encore, là devant sous les yeux, cette vieille photo à la def insuffisante, le joli sourire sans grande assurance et le visage trop contrasté, brune au cheveux longs, il aurait fallu déboucher à grand coup de reflecteur, mais qui savait, alors, il y a toutes ces années ? Je redécouvre en poussant photoshop dans ses derniers retranchements des détails que j'avais oublié, un minuscule grain de beauté dans le cou, le contour des lèvres à peine irrégulier, touchant. Mais, mais on ne saura pas ce que ca aurait donné et photoshop a ses limites, peut-être dans dix ans, ce soir la photo se pique de pixels rouges, verts, bleus, paillettes qui se mélangent aux détails réapparus.
Cette autre photo, t'as autour du cou le ruban noir d'un appareil à images et un coca, avec la paille et tout, que tu tiens tout près de ta bouche.
J'ai pas cessé d'esquisser des histoires formidables avec des filles exceptionnelles qui finissent toujours entre rien et pas grand chose, avec pour seule trace bien souvent un dernier sms avouant 'pas ce soir' et signifiant 'jamais', parfois elle, parfois moi. Des histoires tristes quand elles ne sont pas glauques, de celles qu'on envisage en bord de mer et qui s'oublient à prendre un dernier verre dans un café pas loin, parce que, le bord de mer, pourquoi pas, mais là, ce soir, vraiment... parfois elle, parfois moi. Le bord de mer qui nous a pas attendu lui s'en fout, pendant ce temps là que l'on s'ennuie, à se dire 'alors', à réfléchir à ce qu'on n'a pas déjà dit, ce moment difficile où l'on n'en est plus aux premiers balbutiements tout emoustillés, pas encore aux discussions routinières et rassurantes. Cet entre deux un peu vide, rien à dire, entre nous. Et l'on se retrouve à regarder les tables à côté, à dire 'et au fait', 'voila', 'bref'.
Il y a l'histoire d'une jolie blonde televisuelle, excitante comme dans un teen movie, qui envoie des sms adorables, invitations sexuelles ou romantiques, les deux souvent, et qu'on finit par retrouver au bar d'un grand hotel, un soir de saint valentin, à se demander, entre deux sourires et deux coupes de champagne, ce qu'on fout là, avec cette fille trop jolie, et l'on oublie presque toutes les autres, celles qui n'ont pas donné suite, mais tout est dans le presque. Le syndrome 'et après'. Alors la fille se lasse, retourne à ses aventures televisuelles tardives, elle se demander deux ou trois mois pourquoi cette histoire bizarre et pas finie, tant pis pour les aventures de bord de mer et le Brésil, ses chats et ses voitures resteront dans le nord ouest de Paris.
Et puis cette histoire qui n'en finit pas, où l'on parle un peu d'être amoureux, un peu plus qu'un peu même, cette histoire sans fin (deux ans, darling : "Cette histoire mal commencée a des conséquences inattendues de jour en jour, rebondissements, surprises, révélations, je te confirme ton caractère d'aventurière indisciplinée"), qui se finira peut-être tout aussi mal, par un sms auquel on ne répondra pas, par un email laconique, par un dernier rendez vous à la brasserie pas loin, mais qui, tout de même, pas mal, pas mal. On en fait quoi de cette histoire ? elle aime pas en parler, elle aimera pas que j'en parle.
Aux environs de février 26, 2005 11:04 PM